Histoire du Hainaut

Période préhistorique

 
Dès le début de l’époque quaternaire (2 millions d’années), notre région était certainement habitée. Nos ancêtres les plus lointains, qui pour confectionner leurs instruments n’avaient que la pierre et particulièrement le silex, ont laissé des traces évidentes de leur passage dans les villes proches de Vieux-Mesnil : Hautmont et Maubeuge.

 

Ces primitifs se réunissaient en troupes, avaient pour abri des cavernes qu’ils disputaient à de grands carnassiers, étaient
vêtus de peaux de bêtes, se nourrissaient du gibier qu’ils tuaient à la chasse ou des poissons qu’ils prenaient à force de ruse et de patience. Ils ne possédaient
qu’un seul animal domestique : le renne, aujourd’hui relégué au pôle. La vie se passait pour eux en une lutte sans trêve contre les animaux sauvages qui peuplaient alors le pays, c
ontre l’homme lui-même, qui à l’occasion mangeait ses semblables. En heurtant deux silex l’un contre l’autre, le sauvage obtient des pierres tranchantes ; il se fabrique ainsi des haches, des casse-têtes, des marteaux, des flèches, des cuillers pour enlever la moelle des os qu’il rompt, des racloirs pour égorger le gibier et gratter les os et les tendons.

On a trouvé à proximité de VIEUX-MESNIL, des pierres à fusil certainement travaillées de mains d’hommes et qui caractérisent les premiers temps de l’humanité : l’âge de la pierre éclatée. Différents spécimens ont été trouvés : lances, pierres de frondes, perçoirs. Certains cailloux affectent naturellement la forme de haches, de couteaux et il faut une certaine habitude pour les rejeter et distinguer les pierres, souvent informes à première vue, qu’ont employées les premiers hommes. Elles sont souvent caractérisées par le bulbe de percussion, renflement qui se produit dans l’éclat du silex un peu en dessous de la partie qui a reçu le choc violent du corps dur. Dans les pièces destinées à être emmanchées, pour faciliter l’ajustage, et consolider l’outil, le bulbe est généralement enlevé par éclat.

 

     

Des grottes ont été découvertes à BOUSSIERES SUR SAMBRE, la présence d’armes et d’outils de pierre dans le voisinage nous permet de supposer que ces cavernes ont été habitées par les premiers hommes. A côté de ces ébauches vulgaires, on trouve des instruments plus parfaits et aptes à rendre de meilleurs services. La pierre, au lieu d’être éclatée, est polie. L’arme ou l’outil se rapprochent par leur forme et leur fini, des instruments des peuples civilisés. L’homme donne à la flèche, un tranchant plus effilé, il aileronne les flèches pour les rendre plus meurtrières. Il confectionne des hameçons, des couteaux, des scies, même des rasoirs. Il emploie des matériaux durs : le jade, la serpentine, l’obsidienne.

 
La chasse et la pêche ne remplissent pas toute son existence, il est aussi agriculteur. Il cultive le blé, l’orge, il tisse la laine, il se bâtit des huttes. Le renne, le grand ours des cavernes ont disparu mais l’homme continue à chasser l’auroch, le sanglier tandis qu’il a domestiqué le boeuf, le mouton, la chèvre, le porc et, avant eux, le chien : c’est l’époque de la pierre polie.
Un polissoir a été trouvé dans le bois d’HAUTMONT. Le grès qui le constitue ne vient pas des carrières du pays, preuve que ces sauvages faisaient déjà des échanges et avaient des relations assez étendues. Des haches ont été découvertes près de MONS, ces haches sont cassées et ces fractures présentent souvent une assez grande similitude. Voici la version la plus vraisemblable que l’on donne à cette particularité : d’autres peuplades d’une civilisation plus avancée, connaissant l’usage du bronze, firent irruption dans cette contrée, le bronze triompha de la pierre polie et les vainqueurs, pour éviter tout retour offensif de leurs adversaires, brisèrent les armes de ces derniers.
 
 

Période galloromaine

 

Il faut arriver à Jules César pour avoir des données certaines et exactes sur les peuplades qui ont habité le Hainaut : les GAULOIS BELGES ou NERVIENS. C’étaient des gaulois intrépides, résolus, braves, de moeurs fières et pures, de caractère indépendant. Ils ne permettaient aucun accès au commerce étranger, rejetaient l’usage du

vin et des autres superfluités propres à énerver les âmes et affaiblir le courage. Les NERVIENS, peuple le plus redoutable des gaules-belgiques, avaient conservé intactes les coutumes de leurs pères, la haine de toute servitude et ne s’étaient pas civilisés au contact des colons et des marchands grecs, phéniciens, romains. Ils avaient participé à la coalition des belges que César avait battus près de SOISSONS. Ils étaient résolus à ne pas envoyer de député à César, reprochant à leur voisin de se donner à l’ennemi et d’abjurer la vertu des ancêtres. Les Centrons, les Grudiens, les Levakes, les Pleumosciens, les Géduniens étaient sous la domination des Nerviens. Les Nerviens participèrent à la bataille contre César ou bataille d’HAUTMONT. Cette bataille se serait déroulée sur les bords de la Sambre. Les Atrébates (Arras) et les Véromanduens (Saint Quentin) étaient unis aux Nerviens ; les Atuatiques (Namur) étaient en route pour se joindre aux coalisés. Les Nerviens furent vaincus. La bataille de la Sambre est une des plus terribles que César ait eues à soutenir dans la conquête de la Gaule. Les Nerviens ont tenté de recouvrer leur liberté. Là encore, ils furent vaincus, massacrés et réduits en esclavage.
 

Période romaine

 

Les Romains sont maîtres du pays, ils le sillonnèrent de routes magnifiques, à la fois stratégiques et commerciales, établirent des camps destinés à surveiller chaque région. Des

vestiges ont été retrouvés. Des ruines gallo-romaines sont présentes à BAVAY. Bien des vestiges ont été retrouvés dans les environs de VIEUX-MESNIL, notamment le célèbre aqueduc qui menait l’eau de FLOURSIES à BAVAY, des villas, pierres funéraires, débris de poteries romaines, cimetières, puits ou entrées souterraines, monnaie d’or, d’argent et de bronze, enseignes romaines, objets en bronze, armes et outils, sarcophages, urnes, médailles, pots ou vases à lait. Un chemin a été découvert de BAVAY à TREVES, il passait par MANISSART qui est un hameau de VIEUX-MESNIL. On a pu signaler la présence de maçonneries romaines vers le Tri-Mouton, au lieudit « Fâche Tous Vents », avec de grosses tuiles et différents débris caractéristiques. A Manissart, l’aqueduc passait sur des arcades et des piliers surgissent encore au-dessus du sol.

Les sources les plus proches de BAVAY, à part celles qui se trouvent en lisière de forêt de Mormal, sont à un niveau inférieur aux 150 m du piton sur lequel est bâtie la ville. Elles pouvaient donc difficilement être utilisées pour l’alimenter en eau. Les sources de la forêt de Mormal toute proche ne semblent pas avoir été captées. Sans doute ne répondaient-elles pas aux conditions de salubrité d’une eau potable. Aussi, les Romains n’ont-ils pas hésité à entreprendre des travaux considérables, pour chercher au loin l’eau dont ils avaient besoin. C’est ainsi que plusieurs sources de la rive droite de la Sambre, bien que situées à près de 20km de BAVAY, mais à un niveau convenable, ont été captées pour alimenter la ville. L’aqueduc construit entre l'an 69 et l'an 96 après JC au temps des FLAVIENS  et long de 21 km, parfois enterré parfois aérien, suit le tracé suivant : il part du captage de la source "altitude de 185m" qui deviendra en l'an 640 la Fontaine Saint-Eloi à FLOURSIES, franchit le mur des SARRAZINS à DOURLERS, puis celui de SAINT REMY à SAINT REMY DU NORD avec une pente moyenne de 2,8/1000. Le passage de la Sambre à BOUSSIERES se fait par l'intermédiaire d'un pont siphon en plomb "près de 400 tonnes de plomb extrait des mines de CORNOUAILLES ont été nécessaires à sa confection" et à partir du mur de BOUSSIERES SUR SAMBRE la pente est plus faible 0,6/1000. Il passe ensuite par VIEUX-MESNIL

où l'on peut apercevoir les vestiges de piliers de tournelles au sud encastrés dans les fondations d'une maison le long du chemin du LAYDUI et ensuite au Nord le long du chemin du Faulx. Il est fait état du passage du ruisseau du bois du MESNIL au hameau de MANISSART par un pont aqueduc ou un pont siphon dans une étude de Maurice GRAVELLINI parue en 1997. Il rejoint BAVAY "altitude de 150m" en passant par le hameau de l'HERMITAGE à HARGNIES et par AUDIGNIES. Le débit moyen de l'aqueduc était de 270m3.
Un autre vestige GALLO-ROMAIN a été identifié à VIEUX-MESNIL. Il s'agit d'un mur aux dimensions imposantes, large de 4m, long de 7m et d'une hauteur apparente de 1,5m. Il est situé le long du passage de l'aqueduc à 84m du premier pilier de tournelle situé dans le chemin du LAYDUI. Il est constitué de rangs alternés de grès et de tuiles de terre cuite. Il est décrit dans une étude de René JOLIN, parue en 1955, qui s'appuie sur les documents dont il est fait état ci-dessous.
 Vinchant et Masse parlent des vestiges de cet aqueduc dans leurs mémoires sur la ville de BAVAY. VINCHANT « Vous y voyez, de plus, des aqueducqs dignes de remarque, combien que ruinez, qui, commençant dans la ville de BAVAI du costé de l’Abbaye d’HAUTMONT, s’estendent plus de trois lieues outre la Sambre, jusqu’à FONTAINE-FLORIE, dont les murailles et colonnes se voyent encor en divers endroits et notamment au VIEU-MESNIL, qui sont si artistement cimentez et colez par ensemble qu’il est presque impossible de les rompre; ils se nomment par les habitants murs d’Ay-du, qui vaut autant que conduit d’eau; car l’eau se nommait Ay par nos ancêtres et du signifie conduit » MASSE « A VIEUX-MESNIL, on peut suivre l’aqueduc à la sonde et on y voyait jadis les traces à découvert au centre du village, lieudit « le champ de l’Ayduy ». En 1731 subsistaient encore, au commencement de ce village, à l’est de l’église et au bord d’un grand chemin, quantité de morceaux de gros murs de cet aqueduc, bâti d’un excellent mortier. Ces massifs reposaient sur des pierres brutes. Là où le terrain s’abaissait, on remarquait des piles d’arcades et, à l’extrémité du village, vers le sud, à l’entrée de la plaine, il y avait d’autres vestiges d’un grand mur. C’étaient apparemment quelques portiques, du village de VIEUX-MESNIL à celui de BOUSSIERES SUR SAMBRE. Ailleurs, les ruines des piliers, et auparavant des arcades, avaient elles-mêmes disparu parce que le peuple, pour profiter des terres qu’elles occupoient, tant prairies que labourables, avoit tout arraché. Les parements de ces piliers étaient de grais en forme de moëllons piqués, avec des bandes qui les traversaient, de deux à trois briques ou carreaux plats, d’environ 8 pouces de longueur sur 7 et demi de largeur et d’un pouce d’épaisseur... qui étoit la véritable manière dont construisoient les Romains dans leurs ouvrages publics. De ces ouvrages il ne subsiste aujourd’hui que les ruines de quatre piliers appelés tournelles, près de la route qui traverse le village, à 200 m de l’église, le long d’un sentier. Leur entraxe est de 7m, analogue à celui des arcades supérieures du Pont du Gard, leur largeur d’environ 2m. Elles sont arasées aux cotes 148.60,149.30, 149.45 et 149.50. Deux bases se trouvent, une à droite en descendant la rue HAUTE et une à droite aussi en montant le chemin du FAULX.Quatre-vingts mètres plus loin, sur le bord du même sentier, une base de cinquième « tournelle »a été identifiée lors des fouilles réalisées par l'INRAP en 2010. Le mur le plus important (4m de largeur à la base et 7m de long) arasée à la côte 152.80 serait l'arrivée de l'aqueduc en provenance de BOUSSIERES. Il serait creux (à vérifier !) et aurait permis une mise en charge de l'aqueduc pour passer le ruisseau du bois du Mesnil. lCe sont 42 piles qui permettaient à l’aqueduc (conduite de plomb selon Maurice GRAVELLINI) de traverser la vallée du Ruisseau du Bois du Mesnil, au hameau de Manissart. De VIEUX-MESNIL, l’aqueduc se dirigeait vers le hameau de l’Hermitage et traversait le bois Delhaye où, vers 1730, on découvrait encore dans les terres hautes, le sommet des voûtes de l’aqueduc, que le peuple appelait buise (buse = tuyau).
 

Invasions barbares

Les Romains ne sont pas restés longtemps les maîtres incontestés de la Gaule; dès le second siècle de l’ère chrétienne, les barbares Franc Saliens  en foulent le sol, car en 358, l'empereur romain Julien leur permet de s'établir chez nous. Ensemble, francs et romains dirigés par le général Aetius repousseront les Huns d'Attila en 451. Nous sommes les FRANCS, notre capitale est TOURNAI.
Puis Les hordes des

Alains, des Suèves, des Vandales, des Gépides, méprisant la mort et la souffrance, arrivent en Nervie vers le mois d’Avril 496. C’est à l’armée Vandale que l’on attribue la ruine de BAVAY. Les restes de villas romaines trouvés à VIEUX-MESNIL portent des traces d’incendie et de pillage : cendres, charbon de bois. Beaucoup de tuiles ont encore une face enduite de noir de fumée ou de suie. Plusieurs cimetières francs ont été explorés dans les environs. A côté des squelettes de forte stature se trouvaient des vases funéraires, des lances, des haches et des boucliers. La plupart des squelettes étaient sans cercueils, quelques-uns d’une époque plus récente en avaient un en bois. Cette nécropole paraît avoir eu une durée très longue car, d’un bout à l’autre, les armes différaient. D’une part c’étaient des épées longues, ailleurs, des coutelas francs, larges et épais. Dans les tombes, on a trouvé différents ornements : incrustations de verroterie, pellicule d’or vermiculée, colliers avec perles en céramique ou verre ou ambre, des épingles à cheveux, des styles à écrire, des boucles en bronze ou en fer avec des incrustations d’argent, des bagues en bronze.


Période moyen-âgeuse

Possession de Ragnacaire, roi Franc installé à Cambrai, la région tombe bientôt aux mains de Clovis qui meurt en 511. Après plusieurs partages, elle est rattachée au royaume d’Austrasie, royaume de l'est de l'Escaut ayant METZ pour capitale ( à l'Ouest de l'Escaut le royaume de Neustrie a pour capitale PARIS Nous étions donc AUSTRASIENS. Au cours des VII° et VIII° siècles, les progrès du christianisme font sortir peu à peu le pays de la barbarie franque. Tour à tour, des abbayes sont créées à HAUTMONT (vers 640), MAUBEUGE (vers 650), MAROILLES (vers 660), LIESSIES (vers 760). Ces monastères - gages de sécurité relative en temps de guerre- attirent les populations. Des villages se constituent dont les paysans, sous la direction des moines, vont reprendre les travaux de défrichement interrompus depuis les invasions barbares. Le pays passe alors aux mains des Carolingiens et, lors du traité de VERDUN (843), aux petits-fils de Charlemagne. Il est rattaché à la Lotharingie qui constitue une sorte d’état tampon entre la Francie Occidentale (future FRANCE) de Charles le Chauve et la Francie Orientale (future GERMANIE) de Louis le Germanique , frères de Lothaire. Nous sommes des LOTHARINGIENS. En 870, par le traité de Mersen, le Hainaut est rattaché aux territoires de Charles le Chauve, c’est à dire à la France. Nous devenons des FRANCAIS. En fait, notre région sera longtemps l’objet de contestations entre la France et l’Empire germanique. Mais un autre danger menace la région : les normands. Ils font leur apparition vers la fin du IX° siècle et pillent les abbayes : l'abbaye d'HAUTMONT aurait été dévastée en 879. Au début du X° siècle, ces attaquent se renouvellent jusqu'à ce que le roi de Germanie, Arnoult de Carinthie les batte près de LOUVAIN et en débarrasse le pays.   En 953, c’est au tour des Hongrois de Conrad de Lorraine de ravager le pays à peine relevé des ruines accumulées par les Normands. En 954 ils ravagent la vallée de la Sambre et y répandent la terreur. Depuis 880, le Hainaut est gouverné par des descendants de Régnier au Long Col qui conserveront cette prérogative jusqu’en 1037. En 1067 Baudouin  de Mons unit les deux comtés (Flandre et Hainaut). En 1071 Robert le Frison prend la FLANDRE, laissant le HAINAUT à Richilde. En 1091 la FLANDRE revient aux comtes de HAINAUT : les deux comtés sont réunis jusqu'en 1279. L'ensemble s'appelle la FLANDRE et nous sommes donc des FLAMANDS. La FLANDRE constitue un grand territoire comprenant une grande partie des Pays Bas méridionaux (Belgique actuelle) et du département du Nord. Cette FLANDRE, étendue et puissante, inquiète et attise la convoitise des rois de France qui ne manquent pas d'intervenir souvent dans les affaires flamandes. BAUDOIN, comte de FLANDRE, devenu empereur de Constantinople au cours des croisades, est tué en 1205. Sa fille Jeanne, à son tour comtesse de FLANDRE, épouse Ferrand qui, vaincu par Philippe Auguste à BOUVINES en 1214, restera en prison en France jusqu'en 1227. En 1246, Saint-Louis arbitre le conflit opposant les fils rivaux de Marguerite, comtesse de FLANDRE qui a succédé à sa soeur Jeanne. Il attribue le Hainaut aux seigneurs d’AVESNES et la FLANDRE à Guy de Dampierre. En 1384, la FLANDRE s'accroît de l'Artois et devient la Bourgogne : nous sommes devenus des BOURGUIGNONS, dirigés par Philippe le Hardi puis Jean sans Peur assassiné en 1519 par les partisans du Dauphin. Alors son fils, Philippe le Bon s'allie aux anglais auxquels il remet Jeanne d'Arc capturée par un de ses vassaux. En 1430 ce même Philippe recueille le duché de Brabant et oblige Jacqueline e Bavière, comtesse de Hainaut et de Hollande, à abdiquer en sa faveur. Tout puissant il se réconcilie avec le roi de France. Voulant reconstituer à son profit le royaume de Lotharingie, son fils Charles le Téméraire se heurte à nouveau au roi de France, Louis XI, qui envahit le Hainaut, s'empare d'Avesnes, du Quesnoy et de Maubeuge qu'il brûle et met à sac le 5 mai 1478.  


Du duché de Bourgogne au royaume de France

La fille de Charles, Marie de Bourgogne garde le Hainaut par le traité d'ARRAS, elle épouse Maximilien d'Autriche (fils de Frédéric III) et nous voici des AUTRICHIENS. Leur fils Philippe le Beau fait la paix avec la France : les gens de guerre n'avaient cessé de ravager notre région alors en déclin. Le successeur de Philippe, Charles QUINT, hérite de l'Espagne, d'une partie de l'Italie, des terres d'Amérique et devient en 1519, empereur d'Allemagne. C'est à nouveau la guerre avec les français. Sous les règnes de Charles VIII et de François Ier, il n'est guère d'année sans guerre. Le Hainaut reste autrichien par la paix de CRESPY en 1544. Henri II reprend la lutte en vain (Bavay incendié en 1554) car à l'abdication de Charles Quint, notre région passe à son fils Philippe Ier d'Espagne. Nous voici des ESPAGNOLS pour 120 ans. En 1649, la ville de Maubeuge est prise par le comte d'Harcourt puis occupée par Turenne en 1655. La guerre reprend avec Louis XIV qui veut agrandir le royaume de France et enlever à l'Espagne, tout ou partie des Pays-Bas. Flandre et Hainaut deviennent à nouveau un vaste champ de bataille franco-espagnol. En 1659, l'Espagne cède à la France, Avesnes par le traité des Pyrénées puis, la domination espagnole se termine par le traité de MINEGUE (17 septembre 1678). Larticle XI de ce traité précise : "Ledit seigneur Roy très chrétien retiendra et demeurera saisi et jouira effectivement tant de tout le comté de Bourgnogne, vulgairement appelé la Franche-Comté et des villes, places et pays en dépendant, y compris la ville de Besançon, Valenciennes, Condé, Cambray, St Omer, Ypres, Bavay et Maubeuge avec leurs dépendances." VAUBAN entoure certaines villes de fortifications : MAUBEUGE - LE QUESNOY : nous redevenons des FRANCAIS.
 

 

 VIEUX-MESNIL et ses seigneurs

 

Les premiers seigneurs connus sont HELIN et RAOUL du MAISNIL qui prirent part à la 3° croisade. En 1189, nous trouvons la trace de OLBARDI DEL MAISNIL qui fut témoin dans un acte de WAUTIER, Seigneur d’AVESNES, avoué de l’Eglise d’HAUTMONT. A la fin du XIII° siècle apparaît la famille de SARS originaire de SARS LA BRUYERE en Belgique. 


GUILLAUME ou WUILLAUME de BARAF, seigneur de SARS et de MAISNIL fut armé chevalier en 1301 par l’empereur ALBERT 1°, à AIX-LA-CHAPELLE. Il fut élu grand bailli du Hainaut le 15 février 1361 et bailli des bois du Hainaut du 6 juin 1360 au 26 janvier 1361. Il avait épousé MARIE DU SART et mourut à MONS où il fut enterré dans l’église des Cordeliers. 


GUILLAUME DE SARS, seigneur du Maisnil, marié à Berthe d’ASSELSTEIN. En 1384, il fait le rapport, au duc Albert, de sa terre « dou Mesny » en faveur de ses enfants. Lorsqu’il mourut, il fut enterré dans l’église des frères mineurs à MONS. Son épitaphe portait les dates 1363-1385.  


WUILLAUME DE BARAS DE SARS, sire du Mesnil (probablement fils du précédent), époux d’Agnès d’ANVAING. GERARD DE SARS, il épousa Marie de BEAUFORT dont il eut quatre enfants. Il fut bailli des bois du Hainaut de 1422 à 1423 et prévôt de BEAUMONT de 1420 à 1422. 


JACQUES DE SARS, fils du précédent, fut prévôt de MONS de 1428 à 1475. 


JEAN DE SARS, seigneur d’ANGRE, AUDIGNIES, TRAZEGNIES et VIEUX-MESNIL se maria avec Marguerite de Barbençon. En 1439, il assista le 26 mai, à la translation du corps de Sainte Aldegonde, à MAUBEUGE. Décédé à ANGRE le 14ème jour du mois de juillet de l'an de grâce 1448, il fut enterré dans la chapelle sépulcrale près de l’église. 


JEAN DE SARS, il était en procès, en 1472 avec le seigneur de BELLIGNIES. 


JACQUES DE SARS, seigneur du Maisnil et de SAULCHOIT. 


MICHEL DE SARS, seigneur du Mesnil en 1473, il était marié à Marguerite de Vertaing et mourut sans enfant après avoir été prévôt de MAUBEUGE de 1463 à 1485.


En 1534, VIEUX-MESNIL appartenait au seigneur de CLERFAYT, et en 1552, à sa veuve. La seigneurie passa ensuite à la famille DE LA BARRE.


HUGUES DE LA BARRE, auteur de la branche du Mesnil d’ERQUELINES était le fils aîné de NICAISE DE LA BARRE. Trésorier-général des guerres par lettres patentes du 12 juillet 1536, il avait épousé Catherine DU MONT, dont un fils :

PHILIPPE DE LA BARRE, seigneur de VIEUX-MESNIL et de MAURAGE (Belgique), receveur général des aides du pays du Hainaut épousa le 14 juillet 1560, Jacqueline FRANCOIS dite de SEMERIES.

JEAN-PAUL DE LA BARRE, son fils, seigneur de VIEUX-MESNIL, MASNY SAINT PIERRE.... épousa le 1° juillet 1611, Jeanne DESSUS-LE MOUSTIER. Il figure dans la liste des échevins de MONS en 1612-1615-1616. Ses armes étaient : d’azur à la fasce d’or, accompagnée de trois têtes de lion de même.

JEAN DE LA BARRE, seigneur de Maisnil et de Manissart épousa Dorothée-Jeanne de la Hamaide. Il fut créé baron du Mesnil, mort sans alliance en 1721.

CHARLES-JOSEPH-TROFFEE DE LA BARRE marié à Polyxène-Auguste de CROIX.

Son fils SEBASTIEN-CHARLES-JOSEPH DE LA BARRE, baron, seigneur de VIEUX-MESNIL et de NOIRCHIN, épousa en 1775, Barbe-Françoise, baronne de MARCHE.

D’après le dénombrement de la principauté de Barbençon servi au roi LOUIS XVI le 24 février 1784, nous voyons que le seigneur de cette époque était CHARLES-LOUIS-AUGUSTE-FERDINAND, comte de CORSWARENNE. Il tenait cette seigneurie des sires DE LA Barre. Suivant le rapport d’Hennet, prévôt de Maubeuge, en date du 5 juin 1788, nous trouvons, comme dernier seigneur de VIEUX-MESNIL, le marquis de Gages, après qu'il eût racheté en 1760 les Seigneuries de Manissart et Vieux-Mesnil au Duc Charles Louis de CORSWARENNE.
I
FRANCOIS-BONAVENTURE-JOSEPH du MONT DE GAGES est né à MONS le 13 octobre 1739. Il fut créé marquis le 9 décembre 1758 et se maria en 1763 avec sa cousine-germaine Alexandrine-Françoise-Pétronille de BOUSIES-CHAMPVANT dont il eut trois enfants. Il adressa en août 1784 une requête au gouvernement pour demander de pouvoir ajouter des ornements à son blason, ainsi exposée : « Elevé comme tous ses ancêtres dans la plus haute vénération et la fidélité inébranlable pour l’auguste maison de Votre Sacrée Majesté dont il sera toujours pénétré jusqu’au dernier soupir de sa vie, il désiroit pouvoir mériter de la bienfaisance de Votre Sacrée Majesté quelque marque distinctive qu’il put transmettre à sa postérité légitime. A ces causes, il se prosterne au pied du trône de Votre Sacrée Majesté la suppliant.... de lui permettre l’usage du manteau de gueules fourré d’hermines, surmonté d’une couronne ducale, le tout environnant ses anciennes armoiries pleines, qui sont de gueules au chevron d’or accompagné de trois trèfles d’argent, deux en chef et une en pointe, supportées par deux hommes sauvages au naturel couronnés et couverts de lierre s’appuiant chacun sur une massue ». La grâce qu’il implore lui fut accordée par lettres patentes du 2 novembre 1784 qui l’autorisèrent à entourer son écusson du manteau de gueules et de le sommer du bonnet ducal. Il fut nommé, le 22 janvier 1770, grand maître provincial de toutes les loges des Pays-Bas autrichiens. Ce fut le dernier seigneur de VIEUX-MESNIL.
 

Le Hainaut Français

 

Mais le Hainaut est toujours terre de conflits : bataille de MALPLAQUET sous LOUIS XIV, en 1709. Heureusement, sous LOUIS XV et LOUIS XVI, le Hainaut va connaître un calme bienfaisant. Le mouvement révolutionnaire ne se traduit, dans notre région, que par des faits isolés : pillages des abbayes.
Les cahiers de doléances Vieux-Mesnil et Manissart – Subdélégation de Maubeuge.
Cahier des plaintes, doléances et remontrances faites par les habitants de la paroisse de VIEUX-MESNIL et MANISSART au très illustre et très puissant Roi de France ainsi que sa Majesté a bien voulu leur permettre de lui représenter par sa lettre des règlements du vingt quatre janvier dernier (1) concernant les Assemblées des Etats Généraux.
Article 1 L’intention du peuple de cette paroisse remontre que depuis la création des nouveaux vingtièmes 5é°, elle est lésée à cause de sa grande fidélité à sa Majesté par les moyens que les gens de Loi lui ont fait une déclaration au plus juste de tous les héritages (3) contenus dans leur territoire au lieu que toutes les autres paroisses de même juridiction en ont masqué un tiers et plus de sorte que la rasière d’héritage chez nous a payé et paie encore dans cette imposition, un tiers de plus que certaines paroisses. Nonobstant plusieurs représentations (4) ont été faites à nos Seigneurs Intendants de la Province, nous sommes toujours restés lésés en payant chaque année au moins quatre cents livres de plus que les paroisses qui ont agi pas juste lors de la déclaration de leurs biens. C’est qui se connaîtra par la mesure de chacune paroisse que Votre Majesté fait faire par vos Officiers du Génie.
Article 2 Il existe un bois sur notre territoire contenant 310 rasières (5) appartenant à Monsieur le Baron de Délidequesque, propriétaire foncier de Liège qui par son régisseur a toujours refusé de payer les impositions des anciens vingtièmes quelles devaient se monter à cinquante sept livres dix sols par chaque année quoique nous avons remontré pareillement à nos Seigneurs Intendants sans que nous eussions pû y parvenir de le faire payer.
Article 3 Une autre remontrance de plus nécessaire est que depuis un certain temps, sa Majesté ainsi que le Seigneur propriétaire des bois ont défendu les pâturages des gros bestiaux dans leurs bois parce que les officiers ont remontré que cela faisait tort à la croissance du bois et, tout au contraire, les bois n’ont fait que renchérir depuis lors jusqu’au double prix et de faire augmenter les prix des bestiaux beurre fromage . Cuire au moins au triple que ci devant il n’est pas surprenant par la perte que la province du Hainaut ainsi que d’autres ayant des bois fait des élèves des gros bestiaux qu’elle ne peut plus faire à cause de cette perte de pâturage. Comme aussi les forts fermiers ont trompé votre Majesté lorsqu’ils ont représenté et obtenu d’elle un arrêt qui leur permettait de renfermer les prairies communes au préjudice du commun peuple qui avait depuis toujours les droits de champier (6) leurs bestiaux dans les dites prairies après que les foins étaient recueillis que cependant les propriétaires de ces prairies ne les ont achetés et hérités qu’aux mêmes conditions de supplément. Espère que sa Majesté révoquera cet arrêt en défendant aux propriétaires de renfermer dorénavant les dites prairies et de faire ouvrir celles qui seront renfermées comme faisant un grand soulagement au pauvre peuple et à tout autre en peut donner par la grande multiplication des bestiaux qu’il se trouvera de plus.
Article 4 Il représente aussi concernant la dime que perçoivent les collateurs qu’il serait plus avantageux aux cultivateurs de payer un certain droit proportionné et la dime que de laisser consuivre par le collateur leur perception ordinaire. Que la dime n’est que commencement rendu à un seul fermier fort puissant qui atterre infiniment les petits
cultivateurs par la perte qu’ils font des gerbes qu’il lève parmi leurs dépouilles. Outre les grains qu’il perd, il perd aussi les pailles c’est qui les empêche de faire des fannes autant qu’ils en auraient besoin pour les engrais de leurs héritages et qu’il n’y a qu’eux qui fournissent les pailles foins et avoines pour les magasins de votre Majesté parce que souvent ils sont obligés de vendre toutes les sortes de denrées pour satisfaire et payer le denier de votre Majesté ainsi que le rendage de leur maître.
Article 5 Les remontrants ont très humblement remontré à votre Majesté il y a environ trois ans par un consentement unanime des habitants de la juridiction de Maubeuge que le charbon de terre(7) venant de l’étranger leur serait moins frayeux si sa Majesté voulait quitter les droits d’entrée il leur reviendrait beaucoup meilleur marché et en étant beaucoup plus proche que des fosses du pays que par ce moyen ils pourraient avec aisance faire de la chaux en abondance pour les engrais des héritages.
Article 6 Les remontrants sont fort génés de n’avoir point eu jusqu’ici un arrêt fixe concernant les partages des champs pour les pâturages des gros bestiaux et troupeaux de moutons que notre parlement nous a envoyé des arrêts différents aux ordonnances de nos Seigneurs et Seigneurs Intendants l’arrêt de la cour est que les moutons ne pouvaient pâturer les éteules (8) que deux fois vingt quatre heures après les dépouilles enlevées et l’ordonnance de Messeigneurs les Intendants n’était que de vingt quatre heures.
Article 7 Arguant de travaux des routes elles nous causent une dépense considérable au moins plus fatigable que cidevant et les routes très mal entretenues depuis la dernière ordonnance de votre Majesté il serait à désirer qu’elle changerait de règle en faisant payer par les voituriers à chaque barrière la contribution qui la lui plairait pourvu que votre Majesté puisse trouver des fonds suffisants pour l’entretien des dits travaux des routes et tous ceux qui les useraient pairaient
Article 8 Ils sont aussi surpris que pour les droits qui sont payés aux bureaux de vos domaines que depuis un temps immémorial nous sommes augmenté d’un tiers par dessous pour livres qu’on a augmenté de temps en temps de sorte que depuis quelques années on nous a fait payer dix sols pour livres sans jamais avoir été informés d’aucune ordonnance de sa Majesté
Article 9 Les suppliants ont à se plaindre surtout les pauvres peuples qui ne gagnent leur vie qu’à la sueur de leur corps tant par le travail de leur bras que par toutes autres oeuvres bien pénibles ainsi que ceux qui font de petit commerce fort peu lucreux (9) sont tenus s’ils veulent quelquefois se rafraîchir et se fortifier par quelque verre de bière il faut qu’ils paient à votre Majesté le droit au triple de fermier et bourgeois qui ont les moyens d’emplir leurs caveaux en abondance ce n’est point ces derniers qui paient ce triple droit parce qu’ils ne sont point tenus d’aller boire les boissons des débitants c’est pourtant à considérer que ce n’est que l’état misérable qui fait les oeuvres de l’agriculture et de toutes autres oeuvres en général quelconque qui est tenu à payer la bière à huit sols le pot tandis que l’opulence le boit à cinq sols (10) .
Article 10 Ils ont proposé de représenter à sa Majesté que notre petite paroisse paie chaque année par deux articles portés dans le mandement de nos Seigneurs les Intendants une somme de cent livres et plus notifiant que c’est pour l’entretien et l’habillement de la milice que cependant elle n’a monté sous les armes depuis nombre d’années ils ignorent si c’est les intentions de votre Majesté Ils sont aussi surpris que depuis quelques années ils paient un impôt de trente quatre à trente cinq livres porté par le mandatement de Monseigneur Intendant disant que c’est pour les réfections du palais du parlement de Douay toujours inquiets de savoir si c’est les intentions de votre Majesté.
Article 11 Ils se croient fondés de remontrer très humblement à sa Majesté qu’il se trouve dans la province des fermes considérables consistantes jusqu’à quatre à cinq charrues et que très souvent ils sont encore fermiers de la dime C’est qui les rend si puissants par leurs produits qu’ils sont très souvent la cause de la cherté du blé que si de pareilles fermes étaient divisées l’agriculture ne serait que plus florissante et que les habitants trouveraient plu s amplement des places pour s’occuper des travaux de l’agriculture.
Article 12 Quant aux finances de sa Majesté dont elle se plaint, elle peut tirer sur l’état écclésiastique des ressources suffisantes pour rétablir l’état de son royaume en tirant seulement sur leurs inutilités et quant aux impôts les suppliants requièrent que les plus forte parties soient imposées à règler des biens comme étant présentement la plus grande richesse de vos royaumes en espérant qu’il y aura plus de fidélités que par la création de nouveaux vingtièmes Les remontrants ont toujours entendu dire par leurs ancêtres que les collateurs étaient tenus par le produit qu’ils font des dimages de faire et entretenir les églises c’est qu’ils ne font point arrêtant seulement à l’entretien de l’extérieur des choeurs de sorte qu’ils ne font pas emploi des revenus qu’au plus fort d’un dixième que cependant ils ont des revenus à lever d’autre part sur toutes les abbayes qu’elles sont communément riches de plus de quatre mille bonniers sans comprendre un nombre infini des rentes seigneuriales et que par leur abondance elles perçoivent encore dans leurs seigneuries foncières des droits seignoriaux dans les ventes et les échanges des biens tels que du dixième du prix de vente ou échange quoique se regardant comme des sujets inutiles pour l’accroissement de la religion que pour plus grande application est la procédure jusqu’à ruiner de certaines paroisses. Quant aux remontrances que vos très humbles sujets vous ont faites par le présent cahier ils prient votre Majesté vouloir les regarder comme ses fidèles sujets et qui font offre de faire tout ce qui leur est possible jusqu’à offrir de répandre leur sang pour les soutiens de la couronne ainsi fait et arrêté en notre assemblée le 29 mars 1789.

H. LESPILETTE Député
1 - 1789 2 - Créés en 1604, les vingtièmes consistent par le prélèvement du revenu du vingtième de la propriété foncière. Ils pèsent sur toutes les propriétés ; celles du clergé et de la Noblesse comme celles des roturiers. La prévôté de LE QUESNOY est imposée à deux vingtièmes. 3 - Propriétés 4 - Demandes 5 - Une rasière = 28a 45ca à Vieux-Mesnil et 26a 33ca à MANISSART. La VERGE valait 35ca, le JOURNEL 42a57ca (39a06ca) , le BONNIER 1ha26a (1ha17ca) et la COUPE, un quart de rasière. 6 - faire pâturer ; il existait aussi le droit da pacage pour le bétail dans les bois, le panage ou droit de GLANDEE qui autorisaient les porcs à se nourrir de faines ou de glands, également appelé, droit de porcage, oublage, ou la paisson. 7 - en comparaison du charbon de bois très usité à l’époque 8 - champs après ramassage des récoltes, il reste les chaumes 9 - lucratif 10 - 1 sou = 12 deniers, 20 sous = 1 livre, un écu = trois livres de France, 1 patar = 24 deniers = 2 sols, 1 liard = 6 deniers
En 1790, le département du Nord est créé , il est divisé en 8 districts, 52 cantons et 683 communes. Nous sommes rattachés au district de LE QUESNOY qui compte 89 communes, et au canton de BERLAIMONT avec BACHANT, BOUSSIERES, HARGNIES, LOCQUIGNOL, PONT et SASSEGNIES. Cette division sera supprimée par la Constitution de l’An 3 qui créera six arrondissements dont AVESNES. Mais d’autres conflits vont suivre : 1792, guerre contre les Pays-Bas, possessions de l’Empire. Jourdan et Carnot battent l’ennemi à WATTIGNIES , les 15 et 16 Octobre 1793. En juillet 1792 des dévastations ont été faites par les soldats autrichiens (passages et campements) ainsi qu’en septembre et octobre par les troupes françaises. C’est Hippolite LESPILETTE qui a été chargé de faire l’inventaire des dégâts causés et des bestiaux tués et/ou emmenés, l’état a été vérifié par Adrien Joseph TAULET demeurant à BERLAIMONT, commissaire nommé par le Directoire. En conformité de l’arrêté du représentant du peuple pour l’exécution des décrets des quatorze et quinze vendémiaire année troisième (octobre 1794) de la république relatifs à la distribution des sommes accordées pour les soulagements des citoyens qui ont été pillés ou mendiés par l’ennemi, le maire (Adrien MAITTE) , les officiers municipaux et les notables de la commune ont réparti mille livres de France , le trente pluviose de la troisième année de la république française (18 février 1795). Quant aux fermiers ils n’ont été indemnisés pour la perte de 8 chevaux et 11 vaches que le 23 mai 1797 pour une somme de 4676 livres ( quatre mille six cent septante six livres) La défaite de Napoléon à WATERLOO amène l’occupation ennemie : les Prussiens jusqu’en 1816 puis les Russes jusqu’en 1818. La guerre de 1870 ramène les Prussiens devant LANDRECIES qui ne cède pas et l’armistice est signé. On le voit, notre région, de par sa position était prédisposée à une histoire fertile en évènements militaires , et les deux guerres mondiales allaient encore vérifier cette constatation. Si la vocation géographique naturelle du pays semble être une vocation forestière et herbagère, il semble que sur le plan historique, l’Avesnois soit finalement lié à une vocation militaire et défensive. C’est ici d’ailleurs que l’histoire et la géographie se rejoignent, s’identifient presque car, de tous temps, la vie des habitants n’a souvent été qu’une lutte, qu’une conquête : lutte acharnée contre une nature peu favorable, contre un sol lourd et froid ; luttes et souffrances constamment renouvelées pour devenir Français d’abord, pour le rester ensuite.
On le voit, les habitants de notre région sont passés par différentes appartenances : Gaulois-Belges, Gallo-Romains, Francs, Austrasiens, Lorrains, Français, Germains, Flamands, Bourguignons, Autrichiens, Espagnols pour en arriver à notre nationalité définitive : Français.

La commune de Vieux-Mesnil
Dès le XVI° siècle, VIEUX-MESNIL faisait partie de la Prévôté de MAUBEUGE . Dans la liste des villages faisant partie de la subdélégation de MAUBEUGE, nous trouvons :
    Les seigneuries de MANISSART et de MARLIERE y sont réunies.
    Le Seigneur est le Marquis de Gages, le Bailli se nomme Barbençon, le procureur et fermier du seigneur, Pierre Lecomte, le greffier, Aufrère et il y a aussi un sergent garde chasse.. Il y a une ancienne maison du seigneur laquelle est louée avec réserve d’une chambre pour l’auditoire, le greffier a le greffe dans son logement.
    Au XVII° siècle, VIEUX-MESNIL faisait partie du gouvernement militaire de MAUBEUGE. Compris en 1790 dans le district d’AVESNES, puis en l’an VIII dans l’arrondissement d’AVESNES.
    Le scel échevinal de 1582 avait comme légende : Sceau eschevinal du VIEN MAISNIL et portait l’image de SAINT-MARTIN partageant son manteau.
    L’écusson de la commune est ainsi décrit : De gueules au chevron d’or, accompagné de trois trèfles d'argent.